Menneville, depuis 7000 ans sur les bords de l’Aisne.

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Des vignes à Menneville

Le 22 janvier est célébrée la St Vincent, patron des vignerons…L’occasion de rappeler qu’il y a un peu plus de cent ans Menneville possédait encore des vignes comme nombre de communes du Laonnois…

Mais rappelons d’abord qui était donc ce fameux Vincent ? Et St Vincent pourquoi est-il devenu le patron de toute la communauté vinicole ? Petit retour en arrière, 17 siècles dans le passé, pour être plus précis.
Au IVe siècle en Espagne vivait un certain Vincent de Saragosse qui fût arrêté et torturé sans montré une quelconque souffrance. Il mourut le 22 janvier 304, et nous tenons là l’explication du pourquoi saint Vincent est célébré chaque 22 janvier.

La légende raconte alors qu’il fut tué sur une maie de pressoir, son sang s’écoulant dans le pressoir à la place du vin lui-même. Sa dépouille jetée en pâture aux bêtes, mais finalement protégée par un corbeau, Vincent fut finalement jeté à la mer lesté d’une pierre… mais retrouva la rive plus rapidement que les marins qui l’avaient livré aux colères maritimes. Il apparut alors à une femme à qui il indiqua la position de son corps.
Vincent devint Saint Vincent, un saint célèbre, martyr, représenté le plus souvent accompagné d’une serpette, d’un seau et de grappes de raisins, évoquant sa qualité de patron des vignerons et viticulteurs.

Au plan local la St Vincent n’est plus célébrée depuis le début des années 1900. En effet les dernières vignes appartenant à François Allart ont été arrachées en 1890. Elles produisaient un vin aigre dont on disait dans la commune qu’il fallait être 2 pour le boire, l’un tenant l’autre pour l’empêcher de trop sauter…

D’un point de vue historique les premières traces de vignes dans le Laonnois remontent tout de même à l’année 544.
Vers 1400, l’imposition sur la vente de vins (vinage) à Menneville est une des plus faibles 10 sous pour le 4ème des vins vendus au détail (en 1403) et 8 sous pour le 20ème des vins vendus en gros la même année. Il faut toutefois noter que Neufchâtel drainait à l’époque la production des vignobles d’alentour. Ainsi, la plus grande partie des vins produits à Menneville devait aller à Neufchâtel… par le chemin des vins.

Vers 1700 on cultive la vigne aux endroits les plus favorables tels le « noyer de la vigne » ou les vignes du « chemin des vignes ». Le vin est alors conservé à l’abri des inondations, dans la colline entre Menneville et Neufchâtel au lieu-dit « les caves de Menneville ».

Vers 1816 on cultivait toujours des vignes en échalas, et Travail de la vigne notamment les cépages suivants : le Noirin de la Côte d’Or et le Pinot de l’Yonne pour les raisins noirs ; le blanc Romet et le Goet blanc pour les raisins blancs. Pour éviter les pillages, les vignes étaient gardées avant la vendange. Dans certains villages sous Laon étaient même nommés des gardes-vignes.

Un pressoir mérite particulièrement d’être noté. Il était route de Neufchâtel, dans la maison de Mr Anot, fils de l’instituteur. Un autre était peut-être en activité rue du pressoir justement (actuel chemin le long du terrain de foot), à moins qu’il ne soit plutôt question d’un tordoir destiné à traiter le chanvre cultivé dans les chènevières…

Le vignoble de l’arrondissement de Laon va dès lors rapidement décroître… De 3606 ha en 1824, il ne restera que 114 ha en 1905. Le canton de Neufchâtel connaîtra le même sort passant de 225 ha en 1824 à 25 ha en 1905… la faute en grande partie au développement de maladies dont le très redouté Phylloxéra…

Avec le développement des transports, les conditions Travail de la vigne2 économiques ont amené la faillite d’un vin dont la qualité et le prix de revient ne pouvaient pas lutter avec celui des régions plus méridionales. D’autant qu’une autre culture a fait son apparition depuis 1884 et prend une extension de grande importance : celle de la betterave à sucre. Elle entrainera dès 1893 la création d’une sucrerie à Guignicourt, et l’extinction rapide du vignoble local.

A ce jour, seul le cadastre garde la trace de cette culture par la toponymie de certaines parties du terroir de Menneville comme le chemin des vins, les caves, les dix pichets… prochainement les nouvelles rues du lotissement des chènevières reprendront ces noms.

Informations tirées des archives personnelles de Laurent Labrusse et de « La vigne en Picardie » de René Trochon de Lorière.

Gilles Schmit-1er Janvier 2015

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