Menneville, depuis 7000 ans sur les bords de l’Aisne.

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La vie près de Menneville pendant la Fronde (1650)

En 1650, l’Evesché de Laon, dont la situation géographique était stratégique puisque constituant la limite entre les places françaises et espagnoles, sort de la guerre de 30 ans si dévastatrice. Menneville 1650

Neufchâtel est le passage naturel indiqué de l’Aisne pour les Français qui de la Champagne marchent sur la Thiérache, et pour les Impériaux qui de la Thiérache pénètrent en Champagne et dans l’Isle de France.

Le Doyenné de Neufchâtel fait ainsi les frais de son positionnement stratégique, et d’une météo plus que capricieuse l’amenant à sortir complètement ruiné de cette période.

Voici ce que dit Edouard Fleury dans « Le diocèse de Laon pendant la Fronde »…

« Après le départ pour Fismes des bandes ennemies qui ont si horriblement traité le doyenné de Neufchâtel, on s’apprête à faucher le peu d’orge et d’avoine échappés à la dévastation, quand le ciel fond en eau. L’Aisne déborde, comme on ne la vit peut-être jamais déborder. On ne peut travailler. Tout se pourrit et se perd.

« On n’a pas sauvé un grain » dit un témoin de Bac-à-Bairry (Berry au Bac) où de soixante et douze feux, il n’est resté que dix à douze ménages affamés plein de malades et d’invalides qui se répandent dans les villages plus épargnés de la Champagne vers Reims.

Deux cents personnes sont mortes à Corbeny ; le reste languit dans une affreuse misère qu’adoucissent à peine les aumônes faites par les abbayes du pays ruinées aussi…

Tout Juvincourt brûle. Pas une maison n’échappe au désastre.

L’église d’Amy-Fontaine est forcée ; les Impériaux en enlèvent violemment des femmes et des filles qui s’y étaient réfugiées et qu’ils emmènent dans leur camp, après avoir exercé sur elles toutes sortes d’inhumanitez,, et auparavant que partyr dudict villaige, ils y mirent le feu et notamment dans toutes les granges où il restoit quelques grains quy ont esté réduictz en cendres…

Il a grêlé à Roucy où l’on espère plus que cent pièces de vin au lieu de mille que l’on y récoltait d’habitude ; mais l’on a compté sans les maraudeurs de l’armée impériale qui ont mangé ou gasté tous les raisins des vignes, de sorte qu’on n’a point récolté une pièce de vin sur ledicte terroir.

Pontavert est si complètement dévasté qu’il est impossible que de dix ans d’icy ledict lieu se puisse rétablir…

Les Impériaux taxent Prouvais, y font prisonniers des hommes, des femmes, des filles, des enfants et tuent sur le champ ceux qui disent ne pas pouvoir payer rançon.
Guerre de 30 ans
Les missionaires qui avaient été envoyés dans le doyenné de Neufchâtel écrivaient des villages qui bordent l’Aisne : « Il n’y a point de langue qui puisse dire, ny d’oreilles quy ose entendre ce que nous avons veu dès le premier jour de nos visittes : presque touttes les églizes prophanées, sans espargner ce qu’il y a de plus sainct et de plus adorable ; les ornements pillez ; toutes les maisons démolies ; la moisson emportée ; la terre sans labour et sans semence ; la famine et la mortalité presque universelles ; les corps sans sépulture et exposez pour la pluspart à servir de curée aux loups ; les pauvres qui restent de ce débris sont réduicts à ramasser par les champs les quelques grains de bled ou d’avoine germez et a demy-pourris dont ils font du pain quy est comme de la boue et si mal sain qu’ils en sont presque tous malades… »

Même si Menneville n’est pas nommément cité, il n’est pas difficile d’imaginer le sort réservé aux habitants de notre commune… quand on connaît celui des communes avoisinantes…

Gilles Schmit - 1er octobre 2014 (source : le diocèse de Laon pendant la Fronde d’Edouard Fleury)

Pour en savoir plus sur cette période, vous pouvez vous reporter au livre d’Edouard Fleury : Le diocèse de Laon pendant la Fronde



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