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Hommage à Emile Walter

Le 21 février 2016 marquera le début officiel des commémorations du Centenaire de la bataille de Verdun qui dura 10 mois et fit plus de 160000 morts côté Français. Parmi ceux-ci se trouvait Emile Walter, probablement inconnu de la majorité des Mennevillois bien que son nom apparaisse sur le monument aux morts de notre commune.
Monument Menneville
Emile Walter est né le 19 avril 1891 au 29 rue de Magenta à Puteaux, d’Albert Walter, ajusteur mécanicien âgé de 27 ans, et de Julie Roux, blanchisseuse de 21 ans. En 1896, alors qu’il n’est âgé que de 5 ans, il perd sa maman qui décède à St Erme (02). Son père se remarie 2 ans plus tard à Menneville, le 12 février 1898, avec Charlotte Béancourt. Emile passera dès lors son enfance dans notre commune, dans une maison sise à l’angle de la rue de Neufchâtel, et de ce qui n’est encore que le chemin des vins.

En 1911, Emile a 20 ans et part faire son service militaire pour une durée de 24 mois. Cette durée est portée à 36 mois en 1913 pour compenser l’infériorité numérique de l’armée française (540000 soldats contre 850000 pour l’armée allemande). Le 1er Août 1914, alors qu’il attend sa libération pour le mois d’octobre, le gouvernement décide de mobiliser la classe 1911. Il se retrouve donc rapidement sur le front dont il ne reviendra pas...

Les dernières heures d’Emile Walter…

Le 21 février 1916, après une période de pluies, le temps se met au clair et à la gelée. Un tonnerre d’artillerie gronde dans la vallée de la Meuse… Les Allemands attaquent Verdun. La plus âpre bataille de la grande guerre connu sous le nom de l’Enfer de Verdun commence.

Le 22, le 3ème Régiment de Marche des Tirailleurs(3ème RMT) où est incorporé Emile franchit la Meuse, et cantonne à Haudainville et Rattentout. Le lendemain, il se porte en réserve dans le ravin de la ferme de Thiaumont, au sud-ouest du village de Douaumont. La gelée très dure et les routes excessivement glissantes rendent la marche des différents bataillons particulièrement pénible. Les équipages éprouvent les plus grandes difficultés à gravir les pentes de Belrupt, puis de Saint-Michel.
archives SHDGR GR 26 N 846 004 0008 T Carte Vacherauville 1917
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En débouchant du village de Fleury-devant-Douaumont (un des 12 villages aujourd’hui disparus et élevés au rang de village Mort pour la France), la colonne subit un tir de 150, qui blesse quelques tirailleurs. Les équipages se mettent à l’abri et, les compagnies, après avoir franchi en formation ouverte la crête de Thiaumont-Douaumont, viennent se rassembler dans le ravin de Thiaumont. A 16 heures, elles se portent aux carrières de la côte du Poivre. Là, elles bivouaquent pendant la première partie de la nuit, par une température extrêmement rigoureuse. A 1 h. 30, arrive l’ordre d’aller se mettre au repos dans les baraquements de la côte de Froideterre, mais un contre-ordre survient presque aussitôt. Samogneux vient, en effet, d’être enlevé par les Allemands.

En hâte, le 3ème RMT se dirige sur la côte du Talou, au nord de Vacherauville, pour occuper et organiser cette position. Il se met en route par les pentes sud-ouest de la côte du Poivre, évitant la grande route Bras-Vacherauville très battue par les obus, mais ayant ainsi à traverser les fonds de ravins, inondés par la Meuse débordée. Vers la fin de la nuit, il atteint Vacherauville. Un violent bombardement écrase le village et l’important carrefour de routes au nord-est de celui-ci. Pendant le mouvement, le lieutenant-colonel de Gouvello perd son cheval, et est lui-même si fortement contusionné, qu’il doit, pour une journée, confier le commandement du régiment au chef de bataillon Leclerc.

Au jour, chacun s’oriente tant bien que mal sur la situation. Et l’on voit alors surgir du sol, ou des ruines, les débris des régiments du 30e corps, fantassins du 351e, territoriaux du 44e, qui, depuis trois jours, luttent sans répit, sans ravitaillement, sous un déluge de feu. Ces braves gens se rallient bientôt aux tirailleurs. Mais toute la côte du Talou, Champneuville, Vacherauville est soumise à un bombardement sans précédent d’obus de gros calibre. Deux lignes de tranchées sont cependant commencées de suite.

A 14 heures, une grosse attaque ennemie fait tomber la cote 344. En même temps plus au nord, le village de Beaumont, est enlevé par les Allemands. Se glissant par le ravin de Côtelettes, ou se faufilant le long du canal, ils cherchent à prendre pied sur la côte du Talou. La fusillade les force d’abord à stopper ; puis une magnifique contre-attaque effectuée sur la droite par le 35e d’infanterie, rejette les Boches en désordre et leur fait des prisonniers. Malheureusement, sur le coup de 15h Emile Walter est tombé au cours d’une nouvelle attaque allemande.
Walter Emile fiche SGA
Du 23 au 29 février, le 3ème RMT déplore de nombreuses pertes dont celle du Sergent Walter, mort pour la France, et qui d’après sa nièce Nelly Béancourt, repose dans une des nécropoles de la région de Verdun.

Gilles Schmit - Février 2016
Informations tirées du Journal de guerre du 3ème Tirailleur de Marche

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